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Code noir : 178 ans après l’abolition de l’esclavage, la France efface enfin une honte juridique vieille de plusieurs siècles
Par La rédaction
Publié le 2026-06-02 18:23:58
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L’Assemblée nationale française a voté à l’unanimité, hier jeudi 28 mai 2026, l’abrogation du Code noir et de l’ensemble des textes ayant encadré l’esclavage dans les anciennes colonies françaises. Même si ces lois n’étaient plus appliquées depuis l’abolition définitive de l’esclavage en 1848, elles restaient encore présentes dans le droit français. Ce vote n'est autre qu'une avancée symbolique importante dans le long travail de mémoire autour de l’esclavage et du passé colonial de la France.
Promulgué en 1685 sous le règne de Louis XIV, le Code noir fixait les règles imposées aux personnes réduites en esclavage dans les colonies françaises. Ce texte considérait les esclaves comme des biens appartenant à leurs maîtres et prévoyait des sanctions extrêmement sévères contre ceux qui tentaient de s’échapper. Avec le temps, il est devenu l’un des symboles les plus marquants de la violence du système colonial français.
Portée notamment par plusieurs élus ultramarins, cette proposition de loi a reçu le soutien de l’ensemble des groupes politiques à l’Assemblée nationale. Le député guadeloupéen Max Mathiasin a salué un geste de justice et de reconnaissance envers les millions de victimes de l’esclavage. Durant les débats, plusieurs parlementaires ont rappelé les souffrances vécues par des hommes, des femmes et des enfants arrachés à leur liberté pendant des siècles.
Mais ce vote dépasse largement le cadre juridique. Il représente aussi un acte politique et mémoriel face à l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire française. Depuis plusieurs années, les débats autour de la mémoire coloniale prennent de plus en plus de place dans l’espace public. Des militants, des historiens et des associations dénoncent notamment la présence de symboles liés à l’esclavage, comme les statues de Jean-Baptiste Colbert, considéré comme l’un des principaux initiateurs du Code noir.
Pour beaucoup d'histotiens, cette abrogation ne réparera pas les blessures laissées par l’esclavage et le colonialisme. Elle reste néanmoins une reconnaissance importante pour les descendants des victimes.
Vingt-cinq ans après la loi Taubira ayant reconnu l’esclavage comme crime contre l’humanité, la France retire enfin officiellement de ses lois un texte profondément contraire aux valeurs de liberté, d’égalité et de dignité humaine. Près de 178 ans après l’abolition, ce vote apparaît comme un pas supplémentaire dans le devoir de mémoire et la lutte contre les héritages du racisme et de l’esclavage.
L’abrogation du Code noir ne changera pas le passé. Elle ne guérira pas non plus toutes les blessures héritées de l’esclavage. Mais elle retire enfin du droit français un texte profondément contraire aux valeurs de liberté, d’égalité et de dignité humaine que la République prétend défendre.
Dans un contexte mondial où les questions de racisme, de discrimination et de mémoire coloniale occupent une place croissante dans le débat public, ce vote apparaît comme une reconnaissance tardive, mais nécessaire.
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